récit Mickael Van Exe : Marathon du Mont Blanc 2010
Par mike • 2 juil 2010 • Categorie: Comptes rendus, Evénements •Le contexte : Le marathon du mont blanc est mon premier objectif trail pour 2010. Je connais relativement bien l’épreuve pour y avoir participer 2 fois . L’objectif sera d’améliorer le temps de 5h07 de l’année dernière avec si possible un temps s’approchant des 4h45 . 15 jours auparavant pourtant, ma participation s’annonçait incertaine avec mon abandon pendant le trail du Verdon suite à des troubles digestifs. Heureusement les examens médicaux ont été satisfaisants et tout semblait rentrer dans l’ordre 4 jours avant la course … Le moral était plutôt bon et je partais raisonnablement confiant pour Chamonix le Vendredi soir en famille.
Le samedi, nous accompagnons les enfants : les miens et ceux de mon collègue Jean Christophe pour leurs participations aux cross. C’est comme chaque année un régale de voir ces différentes courses. Tout le monde prend bien du plaisir. Pendant ce temps, Jean Christophe réussit une belle entrée en matière sur trail avec une bonne course, bien gérée sur le cross pour un temps de 2h57. Bravo !
La tension monte un peu au fil de la journée et les derniers préparatifs d’avant course s’opèrent dans la soirée : tenue, réglage de ceinture ( 1 gourde + 1 fiole)…..Les ravitaillements sont bien répartis et de ce fait les prises de gel se feront à leur niveau durant la course. A l’aide de ma course de l’année dernière et de mes temps intermédiaires , je me suis fais quelques estimations d’améliorations. Du coup, je partirais tout de même avec un chrono pour vérifier si besoin quelques temps de passage.
Voili, voilou, le matin est arrivé et je pars pour un léger échauffement, il ne fait pas froid malgré l’horaire matinal. Après une dizaine de minutes , je quitte le coupe vent et me dirige vers le départ. Je croise beaucoup de tête connue : Yoann Meudec, Christophe Malardé, David Pasquio. Je me positionne en 2ème ou 3ème ligne , juste le temps d’échanger quelques mots avec Yann Nourry qui me parait sur un petit nuage avec ses bonnes perfs du moment en annonçant pourquoi pas 4h15 !! Ouah , j’en reste pour ma part à un pronostic de au mieux 4h45 , ce qui me satisferait amplement !!
Le départ est donné . Je prends un bon rythme pas trop trop rapide tout de même dans cette partie en faux plat montant et je me cale sur mon propre rythme et mes sensations. Je dois être à peu prêt autour de la 100ème place. Petit à petit le peloton s’étire , je grapille quelques rangs avec les premières successions de bosses où je me force pourtant à marcher alors que tout le monde court. Je me sens bien dans le rythme choisi. La température est très agréable dans ces passages essentiellement en sous bois jusqu’à Argentière.

Je passe au ravitaillement en environ 51′ soit après un remplissage express de bidon bien dans le tempo que j’avais prévu. Je retrouve après le ravitaillement la deuxième fille qui m’a rejoint avec qui je fais un bout de chemin . Pour le moment , la course se passe bien , on aborde ensuite la montée au col des montets avant de filer vers Vallorcine: la première partie “vallonnée” de 18 km et 600D+ s’effectue sur un rythme correct avec une bonne marge de securite.Le temps est frais et j’ai plutôt pris mes précautions d’un point de vue alimentaire. Pour le moment j’ai bu 1.3l environ et mangé 2 gels en 1h34 : mon temps de passage à Vallorcine. Je suis alors 58ème, j’ai 2,3 minutes de retard par rapport aux estimations à ce moment mais rien de dramatiques .
Ensuite, on attaque droit dans le pentu à la sortie du ravitaillement avec la montée des possettes , je me laisse un peu doublé et je ne fais pas d’effort inconsidérés même si je trouve que les pentes raides me réussissent pas mal à cet instant. On sort de la forêt avant le passage au col et là le soleil et la chaleur commence à se faire de plus en plus présent. La pente s’est adoucit et l’alternance marche/course et de rigueur pour avancer. Je passe au col en 64ème position en 2h21 , juste le temps de remplir la gourde et de boire un verre d’eau. Après plus de 2h de course, on evolue alors pendant une bonne demi-heure entre 1800 et 2200m. Je continue sur un bon rythme jusqu’au pic des possettes et gagne même quelques rangs sur le plat,vallonné du sommet. La descente est au départ un peu technique et je la fais sur un tempo assez prudent ( en fait vu les temps intermédiaires ,c’était plutôt lent) . Je perds logiquement quelques rangs ; ensuite, c’est bien plus roulant mais je n’imprime pas un rythme diabolique (pour me préserver en vue de la dernière ascension) , je me fais reprendre par 5,6 coureurs. On sort de la forêt et on aborde une portion plutôt plate et sans difficultés mais j’ imprime un peu surpris un rythme assez moyen et reperds encore quelques rangs. J’ai bien chaud, mes gourdes sont vides dix minutes avant le ravitaillement ; encore 1.5l environ d’absorbé pour atteindre le ravito du km 31.1 en 3h24. J’ai une petite dizaine de minutes de retard sur l’objectif mais ca semble pas forcément démesuré.D’autant que c’est maintenant que la course commence….
Le tout est de faire une bonne fin de course, je repars après une courte pause du ravito. J’ai un bon groupe en deux parties d’environ 15 coureurs en point de mire,
je me dis que c’est bon pour le moral je me cale en fin de groupe pendant un moment. Mais je ne fais pas l’effort, je reste au train et ne cherche pas à imprimer un rythme plus rapide. A ce moment, je n’ai pas envi de faire l’effort et j’ai de plus en plus chaud même à l’ombre, je commence à douter de la réussite de mon objectif… manque de détermination ? un coup de chaud ? musculairement je suis super j’ai des bonnes jambes et je n’ai pour ainsi dire pas du me mettre dans le dur dans les côtes : il me manque volonté et énergie pour avancer plus vite…
La fin de la course sous la chaleur sera un dernier coup de chaud pour parfaire mon insolation et je lâche encore un peu prise à la Flégère sur les quelques prédécesseurs qu’il restaient avec des passages en balcon pourtant roulant où je n’imprime pas un gros rythme, un peu ko , pas très dynamiques et sur cette fin de course . Je sais aussi à ce moment que mon temps ne sera plus celui que je voulais …
Je termine la dernière ascension seul, épuisé par la chaleur malgré les encouragements de mes proches à l’arrivée à Planpraz . Au final en ayant bien relâché la fin de course 5h16 tout de même et 87ème sur 1717 finishers.
Bilan
positif:
-De très bonnes sensations musculaires tout au long de la course
-Un super week-end en famille
négatif:
- résultat assez loin de l’objectif même si le profil de course n’est pas vraiment taillé pour moi, je pensais vraiment faire mieux que l’année dernière
- l’adaptation à la chaleur qui reste semble-t-il à faire ….
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Super récit, dommage pour ton chrono,
ce n’est que partie remise, isn’t it ?
Bonne recup
Génial ton fils qui court à côté de toi